Discours du Président du parti à l’occasion de notre Troisième Anniversaire
DISCOURS À L’OCCASION DE LA COMMEMORATION DU 3EME ANNIVERSAIRE DE SON LANCEMENT OFFICIEL
Mesdames / Messieurs, les Membres du Directoire du Parti;
Mesdames / Messieurs, les Membres des Coordinations Départementales Parti;
Mesdames / Messieurs, les Membres de la Commission Scientifique du Parti ;
Mesdames / Messieurs, les Membres des Commission Permanente et les autres Structures Internes du Parti, en particulier, la Jeunesse et les Femmes ;
Mesdames / Messieurs les membres fondateurs et les nouveaux membres du parti ;
Mesdames /Messieurs, les membres aspirants et Sympathisants parti ;
Mesdames/Messieurs, les Représentants des Partis politiques et regroupement des partis politiques;
Mesdames /Messieurs, les Ex-parlementaires;
Mesdames / Messieurs, les Représentants du secteur privé;
Mesdames / Messieurs, les Représentants des Organisations de la Société Civile;
Mesdames / Messieurs, les Représentants du Secteur Populaire;
Mesdames / Messieurs, les Représentants des Associations Professionnelles;
Mesdames / Messieurs, les Membres de la Diaspora;
Mesdames / Messieurs, les Représentants de la Paysannerie;
Mesdames / Messieurs, les Membres de la Presse parlée, écrite, télévisée et en ligne ;
Mesdames, messieurs,
Ce mardi 29 avril 2025, fait exactement trois (3) ans, depuis que le parti, ici même, à l’hôtel Montana, s’est lancé dans l’arène politique haïtienne. Ce jour- là, il avait demandé aux autorités compétentes d’alors de prendre incessamment des mesures pour redresser la barque nationale qui menaçait de s’écrouler. Aujourd’hui encore, le parti constate avec amertume que la situation du pays s’empire davantage.
Les familles sont aux abois. Elles deviennent plus vulnérables et ne peuvent trouver les moyens nécessaires au redressement de leur foyer. La plupart de nos jeunes, en quête d’un mieux-être, abandonnent dans des conditions difficiles, leur terre natale pour aller se réfugier ailleurs avec tous les risques que cela comporte.
D’autres, rongés par la misère, se livrent à la délinquance juvénile, et même peut être, à des activités illicites qui les exposent à des poursuites et/ ou des condamnations judiciaires.
Sous les menaces et les actions destructives des bandes armées, des dizaines de milliers de familles, sont contraintes d’abandonner leur maison pour aller se réfugier dans des camps de fortune. Ces déplacés internes, dans ce nouvel environnement, avec leurs enfants sous leurs bras, vivent dans des atrocités les plus abjectes.
La population ne sait à quel saint se vouer.
Mesdames et messieurs, quelle souffrance, quelle douleur pour nos frères et sœurs.
Le pays devient maintenant, un désert.
Plusieurs écoles, notamment, celles évoluant dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, ne fonctionnement plus. Nos universités, tant publiques que privées, n’en parlons plus. A cause de ce fléau, nos jeunes reçoivent une éducation au rabais. L’Aéroport international Toussaint Louverture, depuis un bon bout de temps, cesse de fonctionner en raison de la menace des bandes armées.
Nos vols internationaux et inter urbains se réduisent à leur plus simple expression ou n’existent presque pas. Un coup dur pour le tourisme haïtien qui d’ailleurs a connu un sérieux recul depuis plus de vingt (20) ans.
Ce qui fait que notre économie nationale est en pleine crise.
Entre 2019 et 2024, l’économie haïtienne a présenté des signes préoccupants. Les causes profondes de cette situation sont principalement liées à l’instabilité sociopolitique chronique, à l’insécurité généralisée et à la faiblesse des institutions publiques.
Les principaux indicateurs en lien à cette situation sont les suivants :
Au cours de cette même période, le produit Intérieur Brut (PIB) annuel a enregistré une croissance négative variant de -1,72 % à -1,86 %, reflétant la baisse des activités économiques dans le pays.
La croissance de l’Indice des Prix à la Consommation (IPC) a atteint en 2019 un niveau de 18,70 %. Elle a ensuite doublé pour atteindre 36,81 %, sans tenir compte de l’augmentation des revenus. Cette situation a conduit directement à une diminution du pouvoir d’achat des biens et services.
La monnaie haïtienne a perdu une partie de sa valeur face au dollar américain. Au 30 septembre 2019, le taux de change était de 93,3498 gourdes pour un dollar américain. Cinq ans plus tard, à la fin de l’exercice fiscal, en septembre 2024, ce taux a atteint 134,7320 gourdes pour un dollar. Cela témoigne de la forte dépréciation de la gourde.
De nombreuses entreprises, en particulier, les Petites et Moyennes Entreprises (PME), rencontrent de grandes difficultés à fonctionner en raison des troubles sociopolitiques, de l’insécurité grandissante et du manque d’accès à l’énergie. Il en est de même pour le secteur textile, considéré comme l’un des principaux employeurs du pays, qui a été fortement paralysé. Plusieurs indicateurs témoignent d’un climat des affaires extrêmement défavorable, entraînant des fermetures, des suspensions et des délocalisations vers la République dominicaine et d’autres pays de la Caraïbe.
5.1-Suspensions d’activités :
En 2023, la BRH a recensé 307 entreprises en difficulté et 174 ayant suspendu leurs activités, soit un taux d’improductivité de 12,7 %.
5.2-Secteur textile en crise :
L’un des principaux employeurs du pays a subi de lourdes pertes. En 2022, près de 15 000 ouvriers risquaient de perdre leurs emplois, avec la fermeture de plusieurs manufactures.
5.3-Fuite des compétences :
Le secteur bancaire a perdu 626 employés entre octobre 2022 et décembre 2023, dont 186 ont migré vers les États-Unis et le Canada.
Il est important ici de noter que, les secteurs de l’éducation, de la santé et de la police nationale ont subi les mêmes conséquences que le secteur bancaire.
5.4–Éducation :
Départ massif d’enseignants qualifiés, exode des universitaires, et rareté des spécialistes en pédagogie et en sciences de l’éducation, qui migrent vers le Canada, les États-Unis et les pays francophones pour de meilleures conditions de travail et de rémunération.
5.5–Santé :
Les professionnels de santé sont particulièrement touchés par la fuite des cerveaux, causant une pénurie de soins dans les hôpitaux.
En 2019, le taux de chômage a atteint 14,1 %. En 2024, il est passé à 14,9 %, un taux particulièrement élevé chez les jeunes. Par ailleurs, plus de 60 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Entre 2019 et 2024, l’insécurité alimentaire a touché plus de 4 millions de personnes.
De nombreux agents de l’ordre formés au fil des années quittent le pays pour rejoindre des forces de sécurité à l’étranger ou deviennent agents de sécurité dans le secteur privé.
Cette croissance négative, devenue plus accrue de 2020 à date, met l’économie haïtienne en lambeau.
L’insécurité grandissante qui frappe à nos portes dévient un fléau qui destabilise tous nos patrimoines. Même la vie, en tant que droit naturel, n’est pas garantie. Elle est plutôt banalisée sur toute la ligne sous l’œil impuissant des autorités compétentes.
Haïti, qui en 1804, avait une avance historique aujourd’hui, traine à la queue de l’histoire.
Sur le plan du droit, l’État d’Haïti existe bel et bien. Il incarne la souveraineté nationale mais malheureusement, mise en berne depuis des décennies.
La constitution de 1987 amendée, dans son préambule même, fait de lui un État démocratique. A cette fin, il est appelé à être dirigé par des autorités légitimement élues, chargées de défendre et de sauvegarder les intérêts de la nation. Et pourtant, c’est le revers de la médaille que nous sommes en train de constater.
Les faits alarmants décrits plus hauts, le montrent bien.
Presque tous nos gouvernements qui se sont succédé, n’ont pas agi dans l’intérêt national. Les droits du peuple haïtien sont toujours bafoués. Les tissus sociaux sont disloqués. Nos institutions deviennent dysfonctionnelles.
Mesdames et messieurs, le mandat de la chambre des députés et des collectivités territoriales avait touché à sa fin en 2020. Celui du Sénat en 2022.
Depuis environ cinq (5) ans, Haïti est totalement dépourvue des dirigeants légitimes. Ell se baigne et s’accommode de de facto en de facto.
Un fait inédit dans notre histoire de peuple.
Le conseil présidentiel de transition CPT qui vient tout juste d’avoir un an d’existence et le gouvernement actuel font du surplace.
Personne ne sait où ils vont. La sécurité qui était sa mission première dans le décret du vendredi 12 avril 2024 portant sa création, devient presque un projet chimérique.
Malgré la remobilisation des Forces armées d’Haïti (FADH), le renforcement de la Police nationale d’Haïti (PNH) en munitions, en quantité et en qualité, et la présence des forces multinationales, l’équipe au pouvoir n’arrive toujours pas, jusqu’à ce jour, à juguler, voire éradiquer, les crimes en série commis contre le peuple haïtien. Les bandes armées, un peu partout dans le pays, tuent, pillent, incendient, brûlent et violent comme elles le veulent.
En clair, le pouvoir en place ne peut pas atteindre les objectifs qu’il s’était fixés.
Devenue une zone de non-droit, avec notamment le phénomène honteux et grandissant des territoires perdus, Haïti, notre chère patrie, est totalement livrée à elle-même.
Les pays occidentaux, dits amis d’Haïti, toujours profondément impliqués dans nos crises, se concentrent plutôt sur des actions mitigées, mais non concrètes, susceptibles de nous aider à sortir véritablement de ce carcan séculaire.
L’ACIREH leur demande aujourd’hui de se rétracter et de laisser les Haïtiens et les Haïtiennes réfléchir souverainement au destin de leur pays. Nous voulons seulement une coopération agissante et équilibrée, qui puisse aider Haïti à trouver sa véritable voie de développement.
Men la nap voye yon koken chenn felisitasyon pou KPT a ak gouvènman ki fek pran yon dekrè, pou kreye yon tribunal premyè enstans nan Belle-Anse ak tout yon pakè.
Yon projè ke Nou te pote sou kè Nou. Nan non tout moun Belle-Anse, grand gosier, Thiotte ak Anse-à-pitre, nap di KPT ak gouvènman mèsi anpil anpil.
Toutefois, nous disons au CPT et au Gouvernement que l’insécurité qui bat son plein en Haïti demeure la priorité des priorités pour le peuple haïtien. La crise économique, alimentaire et humanitaire, accentuée par la coupure des routes nationales, la fermeture ou le fonctionnement au ralenti de nos entreprises, ainsi que la situation des déplacés internes se retrouvant à la belle étoile, sans eau, sans nourriture, vivant dans des conditions hygiéniques précaires et inquiétantes (choléra), l’est tout autant.
Le CPT et le Gouvernement doivent comprendre que la réalisation de tout référendum, ainsi que la tenue d’élections libres et démocratiques, ne peuvent avoir lieu sans la résolution préalable de ces problèmes cruciaux.
Mesdames et Messieurs les membres du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), dans environ onze (11) mois, votre mandat arrivera à terme, conformément à l’article 10 du décret du 12 avril 2024.
Vu la situation actuelle du pays, nous n’avons pas la garantie que vous serez en mesure d’accomplir les missions qui vous ont été confiées, à savoir : le rétablissement de la sécurité dans le pays, la tenue du référendum constitutionnel que vous-mêmes prônez, et l’organisation d’élections démocratiques pour placer de nouveaux dirigeants à la tête de l’État.
Avant même l’échéance de votre mandat, l’ACIREH vous demande de vous replier sur vous-mêmes, de faire une autocritique, afin de prendre une décision de sagesse, simplement pour éviter que le pays ne sombre davantage dans le chaos. Cette série de mobilisations déjà entamée pour dire non à la situation actuelle pourrait précipiter le pays vers l’abîme.
Pour éviter le pire, l’ACIREH demande qu’une nouvelle équipe soit incessamment instituée à la tête de l’État, avec la présence d’un juge ou d’un ancien juge de la Cour de cassation ayant déjà, par le passé, fait ses preuves dans la gestion de la res publica.
Ce nouveau gouvernement doit être composé d’hommes et de femmes intègres, compétents et sérieux, capables de prendre de bonnes décisions pour enfin redresser la barque nationale.
Mesdames et messieurs, Nou pa kapab ankor. Nesesité pou genyen yon Nouvo gouvènman nan Tet peyi a tounen yon reyalité. An Nou uni fòs nou ansanm pou sa ka fet. Élite peyi a, tout pèp ayisien an dwe konpran n sa e nou dwe aji vit San pèdi tan.
Si se pa sa nou tout ap peri. Ayiti ap disparet.
Jèn yo ak tout lot moun ki andedan peyi a dwe retrouve yo yon jou nan yon espas ko t yap viv tankou moun, avek sekirite. Kote pou yo Jwen lekol, travay San okenn problem ak difikilté. Pou yo ka realize tout rev ke yo genyen .
Nou pata remmen fini ak Diskou Nou an pou n’ pa ta remesye manb directwa pâti a ak tout lot mamb yo ki t fe anpil efò pou program sa reyalize Jodi a .
Tout envite donè yo Ki te fè deplasman pou vin bann fòs ak kouraj. Mèsi ak la presse ki bannou yon bèl kouvèti jodi a.
Mèsi tout moun.
Ke Bon dyé béni Ayiti.
Me Jelaime pierre,
Président
Hôtel Montana,
Mardi 29 Avril 2025